Sortir de l’isolement et de « l’anormalité » grâce à une écoute bienveillante….

Plus de quatre ans écoulés, des stimulations, des inséminations.
Mais on y est, notre bébé est prévu pour octobre … C’est avec beaucoup de bonheur et de sérénité que nous nous préparons à son arrivée, mais aussi avec beaucoup de pensées pour ceux qui traversent déceptions, découragements, attentes, sentiments d’injustice et angoisses existentielles.

Cette expérience, qu’il m’est difficile de garder pour moi, me pousse à témoigner de ces « petites choses » qui m’ont tant aidée à traverser cette difficile épreuve… Sans prétention d’avoir trouvé la recette miracle, j’ai l’espoir, si ces mots étaient lus, que peut-être ils pourraient apaiser un peu cette douleur si intime qui ravage les couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfants.

Bien sûr, la PMA et son hypertechnicité (accessible à tous en France …), vient donner un sérieux coup de pouce, même aux couples comme nous dont l’infertilité reste inexpliquée avec le terrible redondant « pourquoi ?».

Mais surtout la stratégie des alliés; en effet, les proches ou les « amis d’avant » vers qui l’on se tourne spontanément et envers qui nous projetons énormément d’attentes nous paraissent parfois bien maladroits, voire indifférents … provoquant alors déception et colère ! Je crois avoir commencé à relever la tête lorsque j’ai compris qu’il allait me falloir trouver d’autres interlocuteurs.

Grâce à un article dans ELLE, j’ai contacté AMPHORE qui m’a reçue avec une bienveillance réconfortante autour d’un café … Puis, j’ai rencontré une professionnelle (une psychologue), avec qui j’ai fait un bout de chemin. Echanger avec des couples, amis ou inconnus, qui traversent la même épreuve a été également pour moi une soupape pour partager des sentiments communs bien spécifiques, et sortir de l’isolement et de « l’anormalité ».
La logistique professionnelle et oui la majorité des femmes travaillent et peu de gens ne semblent pas se soucier de leurs difficultés organisationnelles. J’ai beaucoup souffert en tentant de tout mener de front : les engagements professionnels, les rendez-vous de PMA et j’avais la chance de jouir d’une grande autonomie dans mon travail.

Se réapproprier l’instant présent pour ne plus subir le temps qui passe mais le réinvestir activement, en cessant de se percevoir comme la mère que l’on n’arrive pas à devenir mais comme une femme capable de…. C’est ainsi que j’ai décidé de travailler moins et différemment pour avoir un peu plus de temps pour moi, pour m’autoriser à de petits moments de plaisir et de détente.

L’activité sportive m’a réconciliée avec mes sensations corporelles et le sport collectif m’a soutenu bien au-delà de mes espérances dans le jeu, l’effort et le partage, j’ai pu enfin me divertir.

Evidemment, tout cela n’aurait pas été possible sans l’écoute (parfois de longs silences), le soutien et l’amour inconditionnels de mon mari, chaque émotion mérite d’être mise en mots, sans oublier la sexualité qu’il faut parfois réinventer ou pas.

Alors voilà, pour le chemin parcouru, d’AMPHORE à aujourd’hui, du fond du coeur : Merci

Mme CH

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